Thomas GAILLARD

Thomas Gaillard / 32 ans / Ferblantier  / Gaillard Père et Fils Ferblanterie / Chêne-Bourg

Visages pour le futur, Thomas Gaillard

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© Andreas SCHWEIZER 2026

Entre Puplinge et Chêne-Bourg

Je m’appelle Thomas Gaillard, je suis né le 20 janvier 1994, à la clinique des Grangettes. J’ai grandi avec ma grande sœur Fanny et mon petit frère Vincent. Ma mère, Isabelle, habitait Puplinge et mon père, Jean-Pierre, Chêne-Bourg. J’ai eu la chance d’avoir mes grands-parents sur les Trois-Chêne, qui se sont beaucoup occupés de nous étant enfant. J’ai fait ma scolarité à l’école de Puplinge, et au Cycle du Foron.

Lorsque nous étions plus jeunes avec mon frère, nous aimions beaucoup prendre nos vélos pour sillonner les routes autour de chez nous. De nombreuses heures entre Thônex et Chêne-Bougeries, à explorer les différents parcs, préaux et forêts. Je me rappelle le vieux toboggan du Parc Gautier, où mon arrière-grand-mère nous emmenait souvent, ou encore les anciens quais de déchargements le long des voies de la Micheline. Des terrains de jeux qui n’avaient plus de secrets pour nous.

En grandissant, nous avons troqué nos vélos pour des boguets. Les trajets sont devenus plus courts et les possibilités d’évasions encore plus grandes. Après quelques passages chez Esteban, nous avions tous les deux les meilleurs accessoires pour nos machines, et ainsi se tenter au record de vitesse de la Route de Jussy.

Nous avons passé beaucoup de temps au jeu du chat et de la souris avec nos agents municipaux, qui nous ont fait démonter nos bécanes de nombreuses fois.

Avec nos bolides, c’est tout de suite devenu plus facile pour nous de foncer le soir au Cinoche pour choisir un bon film à louer, ou de faire un détour par le Borgia pour récupérer une pizza à l’emporter. Je me souviens encore de la longue file d’attente le midi devant la sandwicherie O Bom Gosto de Peillonnex, avec leurs sandwichs baguettes à s’en relever la nuit.

À la fin de ma scolarité, lorsque qu’arrive le moment de choisir sa future carrière professionnelle, de nombreuses questions occupaient mon esprit. Je suis passionné de mécanique depuis tout petit, et j’ai longtemps voulu en faire mon métier. J’ai passé de nombreuses heures chez YES ! Cars, à la Rue Jean-Pelletier, à admirer leur roadster, ou devant les ateliers de Burgisser pour entendre ronronner leurs échappements maison.

Ça ne sera finalement pas dans un garage que j’allais trouver mon bonheur, mais dans un atelier de ferblanterie. C’était à Grange-Canal, chez Serge Perucca, que j’ai découvert la voie qui me convenait le mieux, lorsqu’il m’a fait monter sur un toit lors d’un stage en entreprise. Le travail du cuivre, que l’on façonne à la main et au moyen d’outils divers, m’a immédiatement conquis pour son côté artistique, et sa partie très technique. J’ai ensuite trouvé un apprentissage, du côté de Carouge, dans une petite entreprise.

À la fin de mon apprentissage, j’ai pu prendre mon propre appartement à Chêne-Bourg, en face de l’ancien Brico-Loisirs. J’ai passé plus d’une décennie dans ce petit immeuble à taille humaine, avec un voisinage qui me connaissait depuis l’enfance. Des personnalités fortes avec qui j’ai passé de très bons moments. C’est là-bas que j’ai eu mes deux chats, qui m’accompagnent dans ma vie depuis.

Quelques temps après mon apprentissage, à mes 21 ans, j’ai eu l’occasion de rénover la toiture de la maison familiale de mon meilleur ami, dans le quartier de Conches. Cette opportunité m’a permis de pouvoir ouvrir ma propre entreprise, sous l’impulsion de mon père, qui m’a énormément soutenu et encouragé dans cette démarche. Malgré mon jeune âge, les habitants du quartier m’ont fait confiance, et nous fêtons cette année nos 11 ans d’ancienneté.

J’ai eu la chance de pouvoir entretenir et rénover de nombreuses toitures dans les Trois-Chêne. La plus symbolique reste la toiture de l’ancienne gare de Chêne-Bourg. Ce bâtiment, qui a toujours fait partie de mon paysage, qui a survécu à l’intense modification et extension du quartier. Bien qu’il se soit déplacé de quelques dizaines de mètres de son emplacement initial, nous avons réussi à lui redonner sa splendeur d’antan.  

À côté de cela, j’ai eu la chance de trouver ma moitié à Thônex, au détour d’un verre. Emilie est entrée dans ma vie avec ses nombreux chiens, et elle m’a permis à mon tour de pouvoir avoir mon propre chien, Nismo. Je ne compte plus les nombreuses heures passées au bord de la Seymaz main dans la main, lors de longues balades romantiques. Vivre avec plusieurs chiens parait pour beaucoup être une contrainte, mais nous en avons fait une force.

Nous aimons tout les deux voyager à la montagne, et nous ne nous séparons jamais de nos chiens. Nous avons trouvé le bon compromis en voyageant avec notre 4×4 aménagé, qui nous a déjà emmené partout en Europe, du Cap Nord au fin fond de la Corse. Une façon de voyager sans vraiment savoir où nous allons, ni où dormir le soir, mais avec la certitude d’avoir le monde devant nous à notre portée.

 

 
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