Portrait de Sebastião Salgado en 2019
photo :© Renato Amoroso
Sources : Intervention de Sebastião Ribeiro Salgado à l’UNESCO autour de la photographie et de son projet Genesis, qui a eu lieu en 2010, au siège de l’UNESCO à Paris, dans le cadre des « Conférences UNESCO du futur ». L’intervention portait sur Genesis, présenté comme un projet où la photographie devait servir l’éducation et la sensibilisation à l’environnement.
« J’ai vu des choses terribles ans ma vie. J’étais au Rwanda, j’ai participé de ce génocide, participé en tant que photographe en train de regarder cette barbarie qui s’est passée là, à tel point que j’ai perdu tout l’espoir de survie de mon espèce. Quand j’ai fini ce travail, j’étais certain que notre espèce, allait directement contre un mur. Que si elle mourrait comme ça, elle ne méritait pas de vivre parce que j’ai vu tellement de barbarie faites par nous-même. J’ai vu beaucoup de ces barbaries faites dans la ex-Yougoslavie au point que je ne voulais plus faire de photos. On a pris la décision d’abandonner la photographie, d’abandonner tout, abandonner la France et de retourner au Brésil et devenir paysans. Je sortais malade de l’Afrique, je sortais malade de l’ex-Yougoslavie. J’étais attaqué par mes staphylocoques. Ma tête allait pas bien du tout. Et ces arbres en grandissant, ils m’ont reconstitué. Ils m’ont transformé à nouveau en être humain équilibré, avec de la santé. J’ai continué à ne plus avoir d’espoir pour mon espèce. Je crois que mon espèce, elle est en train de creuser son cercueil, sa tombe en détruisant la planète, en provoquant cette énorme pollution, en finissant avec la biodiversité. Mais la planète après nous, elle va se reconstituer, la planète va continuer pour toujours. »
Le néohumanisme désigne une réactualisation de l’humanisme qui maintient l’être humain, sa dignité, son autonomie et sa responsabilité au centre, tout en intégrant les transformations scientifiques, technologiques, écologiques et sociales contemporaines.
Le posthumanisme remet, au contraire, en question l’idée que l’être humain est la mesure centrale du monde et étudie ses relations avec les animaux, les machines, l’intelligence artificielle, les biotechnologies et les écosystèmes comme faisant partie d’un ensemble plus large.
Déclaration d’intention : La marche du monde et son règne de la vitesse et de la quantité, détruisent l’environnement et les espèces. Les guerres et les génocides, ruinent les espoirs des peuples et des individus.
Nous proposons par la photographie argentique un mouvement néohumaniste à réinventer pour se réapproprier l’humain, le vivre ensemble et faire communauté dans la paix et le respect de l’altérité.
« Visages pour le Futur » dans sa version α (alpha) est une première étape d’une tentative photographique pour réunir des habitantes et habitants du territoire des Trois-Chêne autour d’un projet qui se développe le long d’une série β (beta) de 99 portraits : pour aller à la rencontre de nos semblables et se reconnaître en chacune et chacun.
Ancré-e-s à ce territoire par hasard, par nécessités ou par racines, ce territoire se raconte TERRE D’ACCUEIL par les images de ses habitantes et habitants et à travers leurs contributions textuelles libres. Ainsi, ces textes et ces images réunis forment une capsule temps qui sera ré-exposée en 2075 à l’occasion des 50 ans de la bourse culturelle.
Andréas SCHWEIZER, août 2026