62 ans / tromboniste / Thônex
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Mon histoire : de la Toscane à Thônex
LE VOYAGE D’UNE VIE
Je m’appelle Andrea Bandini. Je suis né en 1964 à Poggibonsi, un petit village de la province de Sienne, en Toscane. Chez moi, personne n’était musicien professionnel, mais la musique était partout. Mon père, entrepreneur dans le bâtiment, adorait l’opéra et connaissait par cœur toutes les mélodies de Giacomo Puccini. Ma mère, femme au foyer, chantait dans la chorale du village, la Corale Giuliano del Chiaro. C’est là que j’ai commencé à chanter, comme voix blanche, avant de découvrir mon destin à l’âge de 9 ans : je voulais jouer du trombone.
Pour mes parents, ce fut une grande surprise. Le trombone ? Qu’est-ce que c’était ? Ils auraient préféré la guitare, le piano ou la trompette. Mon père adorait Nini Rosso, un très célèbre trompettiste italien de jazz et de musique pop, connu dans le monde entier pour son morceau Il Silenzio. La trompette était donc une bonne option pour lui, mais j’ai tenu bon. Grâce à Enzo Conti, le chef de chœur à qui je dois tout, j’ai pu commencer les cours et entrer à l’école de musique de Sienne.
À cette époque, il n’y avait pas de professeur de trombone. J’ai d’abord étudié avec Francesco Bernabei, un grand clarinettiste qui avait joué à la Scala de Milan et au Maggio Musicale Fiorentino. Il enseignait tous les instruments à vent ! Ensuite, j’ai passé cinq ans avec Mauro Bianchi. Il était trompettiste, mais enseignait aussi le trombone. Comme j’étais le seul élève de toute la province, il a dû faire preuve de beaucoup d’imagination. Les méthodes utilisées étaient celles destinées aux trompettistes ; nous cherchions donc les positions sur la coulisse en essayant d’y placer les notes. J’ai été, en grande partie, un autodidacte.
Les premiers succès et le grand tournant
En 1978, j’ai réussi l’audition pour l’Orchestre National des Jeunes d’Italie, dirigé par le maestro Franco Ferrara, puis celle du prestigieux Maggio Musicale Fiorentino. J’étais le plus jeune. Je devais jouer dans les fanfares sur scène avant d’entrer dans la fosse d’orchestre. Mais je rentrais trop tard le soir et je m’endormais à l’école ; j’ai donc dû abandonner ce poste.
L’année suivante, mon père est tombé malade et il est décédé en 1980. Mon grand frère a arrêté ses études pour reprendre l’entreprise de construction. J’étais un peu perdu.
C’est alors que ma mère, une femme courageuse qui ne baissait jamais les bras, a pris une grande décision sur le conseil du maestro Franco Ferrara : m’envoyer étudier à l’étranger.
Le destin a bien fait les choses. Jean-Louis Rebut, le fondateur de la Maîtrise du Conservatoire Populaire de Genève, avait une maison à rénover près de chez nous et connaissait mon père. Il a proposé de m’emmener à Genève pour tenter d’entrer au Conservatoire. À l’époque, le professeur était Roland Schnorkh, premier trombone de l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR). C’était un signe magique : en 1973, quand j’avais acheté mon premier trombone à Florence, j’avais choisi un disque de l’OSR dirigé par Ernest Ansermet. En l’écoutant, j’avais dit à mon père :
« Un jour, je jouerai dans cet orchestre. »
Douze ans plus tard, mon rêve devenait réalité.
L’arrivée à Genève : du choc à la consécration
Mon arrivée à Genève a pourtant été un choc. J’habitais à Vessy, dans une chambre aménagée dans un garage. Pour aller au Conservatoire (Place Neuve), je devais prendre le bus 88 ou marcher jusqu’au Pont de Sierne pour prendre le bus 8. Souvent, je rentrais à pied depuis le centre-ville.
Lors de mon premier cours, le professeur m’a dit de but en blanc : « Ici, tu n’es pas en Italie. Coupe tes cheveux, enlève ta boucle d’oreille, et si tu ne fais pas de progrès en trois mois, tu rentres chez toi. » Cela a été un véritable déclic. En cinq ans, je suis passé du niveau débutant au cours supérieur. J’ai obtenu ma Virtuosité avec mention, ce qui m’a valu le privilège de jouer en soliste pour la première fois en Suisse le Concerto de Nino Rota. J’ai également gagné plusieurs prix internationaux (à Markneukirchen en RDA, à Bordeaux et à Riddes), et j’ai réussi le concours de premier trombone solo à l’Orchestre de la Suisse Romande.
En 1988, j’ai épousé Angelamaria De Nigris, mon grand amour rencontré en Toscane. Son père, maréchal des Carabinieri, exigeait que nous soyons mariés pour qu’elle puisse me joindre à Genève. Nous nous sommes alors installés dans un petit appartement à la Jonction.
Thônex : le port d’attache d’une vie
Dix ans plus tard, nous avons pensé à avoir des enfants et à trouver un logement plus grand. Je connaissais déjà la commune de Thônex. À la fin des années 80, l’orchestre y faisait des répétitions dans la salle communale pendant les travaux du Victoria Hall, et je venais souvent chercher des pièces de rechange à la casse automobile de la route d’Ambilly. J’aimais aussi me promener avec des amis vers les Marais de Sionnet et les bois de Jussy.
Une fois de plus, le destin m’a souri. Nous avons trouvé un magnifique appartement dans la Résidence de la Pierre Blanche, située précisément sur la route d’Ambilly, là où se trouvait l’ancienne casse auto ! Thônex est une commune magnifique, chargée d’histoire. Autrefois village agricole et frontalier, elle a su se développer de manière moderne tout en gardant une dimension humaine, avec des espaces verts exceptionnels et d’excellentes infrastructures scolaires. C’était l’endroit parfait pour notre famille.
Nos enfants, Emma et Dario, ont grandi ici. Ils ont étudié à l’école de Marcelly, au cycle du Foron et au Collège de Claparède. En trente ans, nous avons vu la commune se transformer. Nous avons participé aux réunions pour le nouveau quartier de Belle-Terre, vu naître le centre commercial et la Salle Favre. Quand les enfants étaient petits, nous avons profité des nombreuses activités proposées par les communes de Chêne-Bourg et Thônex :
Thônex offre une qualité de vie incroyable. C’est pourquoi nous n’avons jamais pensé à partir.
Andrea Bandini commence ses études de musique en 1973 à l’École de musique de Sienne en Italie et obtient son diplôme de trombone en 1980 au Conservatoire de musique Luigi Cherubini de Florence. En 1978, il entre à l’Orchestre Italien des Jeunes sous la direction de Franco Ferrara.
En 1981, il décide de se perfectionner au Conservatoire de musique de Genève dans la classe de Roland Schnorhk, où il obtient en 1985 le 1er prix de virtuosité avec distinction.
La même année, il gagne le 1er prix au Concours de Riddes, le 3ème prix au Concours de Markneuenkirchen et l’année suivante la médaille de bronze au Festival International de Jeunes solistes de Bordeaux.
Depuis 1986, Andrea Bandini fait partie de l’Orchestre de la Suisse Romande et a été, jusqu’en 2011, nommé trombone solo. De 1984 à 2008 il a été membre de l’ensemble de musique contemporaine, Contrechamps, ensemble avec lequel il a eu la chance de côtoyer les plus grands compositeurs de musique contemporaine des XXe et XXIe siècles. Invité comme membre du jury dans les plus importants concours internationaux de trombone, Andrea Bandini enseigne à la Haute école de musique de Genève depuis 1999. Andrea Bandini est par ailleurs régulièrement invité à participer à des masterclasses et festivals de cuivres dans le monde entier.
Andrea Bandini a acheté son premier trombone à coulisse et son premier disque de musique classique à Florence, en 1976. Il s’agissait d’un enregistrement de l’Orchestre de la Suisse Romande par Ernest Ansermet… De nombreuses écoutes et 10 ans plus tard, il intègre l’OSR.
