Philippe BEACHTOLD

65 ans / Physiothérapeute / Thônex

Visages pour le futur, Philippe Beachtold

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© Andreas SCHWEIZER 2026

Une vie ancrée dans les Trois-Chêne, au service du mouvement et des autres

Les racines et l’enfance Chênoise

Je m’appelle Philippe Baechtold, je vois le jour le jeudi 29 juin 1961 à la Clinique des Grangettes. Mes quatorze premières années s’écoulent paisiblement au Chemin du Saut-du-Loup, à Chêne-Bourg, entouré de mes parents et de ma sœur aînée.

Ma maman, Parisienne d’origine, travaille d’abord comme secrétaire médicale avant de se consacrer pleinement à notre foyer. Mon papa, originaire de Schleitheim, exerce la profession d’inspecteur d’assurances. Nous formions une famille unie et heureuse.

En 1975, suite au décès de mon grand-père, mes parents décident d’acheter une plus grande maison à Thônex afin d’y accueillir ma grand-mère maternelle. Elle partagera notre quotidien durant une trentaine d’années, s’éteignant à l’âge vénérable de 104 ans.

Dès mon plus jeune âge, je me passionne pour les sports en tout genre. Le football et le ski occupent mes premières années, rejoints plus tard par le funboard,  Ie snowboard, la voile et le squash. Je suis ma scolarité primaire à l’école de Haller.

À la sortie des classes, il n’était pas rare que notre bande de copains se retrouve pour improviser des parties de foot ou de ping-pong, partager des grillades et camper dans les jardins des uns et des autres. J’ai poursuivi ma scolarité au cycle du Foron, puis au collège Claparède durant 3 ans.

La vocation du soin: de la physiothérapie à l‘ostéopathie

Ma vocation se dessine tôt: dès l’âge de 17 ans, je sais que je veux devenir physiothérapeute. Afin de pouvoir concrétiser mon rêve j’arrête le collège et entreprends une année à I’ECG avec l’obtention du diplôme et cela afin de pouvoir me présenter au concours d’entrée de l’école de physiothérapie de Genève. Je réussis ledit concours en 1981 et décroche mon titre de Physiothérapeute en 1984.

Une fois mes études terminées, mon parcours professionnel me conduit d’abord aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), où je passe sept ans au sein des services de rhumatologie, orthopédie ainsi que le service des paraplégiques de Beau-Séjour.

Je rejoins ensuite pour 18 mois le cabinet de Jean-Do, à la Clinique Générale-Beaulieu.

Marié et installé dans une vie bien réglée, je ressens le besoin d’un nouveau défi.

L’envie de fonder mon propre cabinet de physiothérapie s’impose rapidement comme une évidence. Ce rêve se concrétise en 1992, en association avec un ami d’études.

Si cette collaboration prend fin cinq ans plus tard, l’aventure humaine continue: ma nièce, qui a embrassé la même profession à mon plus grand plaisir, me rejoint.

Quelques années plus tard, un confrère physio-ostéopathe complète notre équipe.

À l’aube de mes trente ans, je me lance un autre défi de taille: une longue formation postgrade à Paris. Mon objectif est d’approfondir mes connaissances et d’acquérir de nouveaux outils en techniques manuelles. Après six années d’études exigeantes, j’obtiens mon diplôme d’Ostéopathie en juin 2000. Ce bagage thérapeutique et conceptuel se révélera inestimable tout au long de mon chemin, tant sur le plan professionnel que personnel.

Les bonheurs et les épreuves d’une vie riche

Ma vie personnelle se révèle tout aussi intense. Avec mon épouse, nous prenons la décision d’adopter un enfant. Le parcours s’avère long et laborieux. Mais après des années de doutes et d’attente, nous connaissons l’immense bonheur d’accueillir Kevin, un petit garçon de 18 mois originaire de Thaïlande.

Aujourd’hui, à 65 ans, enrichi par les détours de l’existence – marqués par un divorce et un nouveau mariage en 2012, je regarde en arrière avec gratitude.

Grâce à mon métier, j’ai le privilège de côtoyer des milliers de personnes et de faire des rencontres absolument magnifiques.

Je vis toujours dans cette région des Trois-Chêne qui m’a vu grandir. Au fil des ans, les paysages ont changé, parfois en bien, parfois de manière plus discrète, et continuent d’évoluer. Pourtant, c’est ici mon port d’attache, et je ne quitterais ce lieu pour rien au monde. Cette fidélité géographique me permet d’ailleurs de rester en contact avec certains de mes amis d’enfance.

Ma famille, qui revêt une importance capitale à mes yeux, réside, elle aussi dans la région ; c’est un vrai bonheur de les savoir si proches.

Le temps amène aussi son lot de chagrins: mes parents nous ont quittés l’un après

l’autre. Mon papa s’en est allé en 2009 dans sa 85e année, et ma maman en 2025, dans sa 92e année, nous laissant un immense vide.

Le goût du monde et l‘amour du terroir

Durant toutes ces décennies, j’ai beaucoup voyagé. J’appartiens à une génération qui a eu la chance de découvrir le monde avant l’avènement des vols low-cost et des réseaux sociaux, ce qui m’a permis d’explorer des contrées encore authentiques et préservées.

Notre planète est splendide, mais je ressens à chaque fois la même joie profonde en revenant chez moi. Nous avons la chance de vivre dans une région exceptionnelle où l’on peut skier un jour et faire de la voile le lendemain. C’est un privilège rare qui n’a pas de prix.

L’âge de la retraite… mais pas de la fin

Depuis le 1er juillet 2026, j’ai officiellement atteint l’âge de la retraite. Pour autant, la passion reste intacte. Mon métier n’a jamais été un simple travail. Être physiothérapeute et ostéopathe, ce n’est pas seulement soigner les corps; c’est aussi écouter, échanger, comprendre et partager. Parfois, les maux se soignent aussi avec des mots. Fort de mon expérience et de mes formations, remettre mes patients sur pied et leur redonner l’envie d’avancer reste mon plus beau moteur pour continuer l’exercice de mon art.

Philippe, le 30 août 2026

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